Le syndrome des jambes sans repos (SJSR), aussi appelé restless-legs syndrome (RLS), est une maladie neurologique caractérisée par une forte envie de bouger les jambes, surtout au repos. Il est caractéristique que les symptômes surviennent presque exclusivement dans des situations détendues comme en position assise ou couchée et s'aggravent nettement le soir et la nuit.
Les personnes concernées ressentent diverses sensations désagréables dans les jambes, par exemple des fourmillements, des tiraillements, des déchirures ou une sensation de tension. Beaucoup décrivent la sensation comme des fourmis qui rampent sous la peau. Les symptômes peuvent survenir unilatéralement, bilatéralement ou de façon alternée. Ces sensations sont souvent pénibles et apparaissent particulièrement dans des moments calmes, par exemple en regardant la télévision, en voiture ou au moment de s'endormir. Le mouvement peut souvent soulager temporairement les symptômes, si bien que beaucoup de personnes se lèvent ou se promènent instinctivement.
Le syndrome des jambes sans repos peut fortement perturber le sommeil, car l'endormissement peut être rendu difficile et des interruptions nocturnes peuvent survenir. Dans certains cas, des mouvements involontaires des jambes pendant le sommeil s'ajoutent. Les symptômes peuvent varier en intensité au fil du temps et augmenter ou diminuer par phases.
Le syndrome des jambes sans repos (SJSR) est associé à des modifications de l'interaction entre différents neurotransmetteurs dans le système nerveux. Le métabolisme de la dopamine est particulièrement mis en avant. La dopamine participe au contrôle des mouvements. Une activité modifiée peut être liée aux symptômes typiques observés pendant les phases de repos. Le neurotransmetteur est produit en trop petite quantité ou n'est pas correctement utilisé. Par conséquent, les impulsions motrices atteignent les muscles sans être filtrées – surtout au repos ou la nuit.
Le métabolisme du fer joue également un rôle possible dans le SJSR. Le fer est important pour le fonctionnement des neurones liés au système dopaminergique. Une partie des personnes concernées présente un statut en fer bas, qui est associé au SJSR.
On distingue un syndrome des jambes sans repos idiopathique et un syndrome des jambes sans repos secondaire. Dans le cas d'un SJSR idiopathique, il n'y a pas de maladie sous-jacente clairement identifiable. On observe souvent cependant une répartition familiale, ce qui peut indiquer une prédisposition génétique.
Dans le cas d'un SJSR secondaire, les symptômes surviennent en relation avec d'autres facteurs, par exemple une carence en fer, la grossesse, une insuffisance rénale chronique, des troubles de la fonction thyroïdienne ainsi que la polyarthrite rhumatoïde et la polyneuropathie. Certains médicaments peuvent également aggraver ou déclencher les symptômes. Il s'agit par exemple des bêtabloquants pour des problèmes cardiaques ou des antidépresseurs tricycliques pour la dépression. Des déclencheurs comme la fatigue, la chaleur, l'alcool du soir et la caféine jusqu'à 8 heures avant le sommeil aggravent la situation.
Le diagnostic du syndrome des jambes sans repos (SJSR) repose principalement sur la description détaillée des symptômes. Le schéma typique d'envie de bouger les jambes, d'apparition au repos et d'aggravation le soir ou la nuit est déterminant. Cette combinaison est centrale pour l'évaluation médicale, car il n'existe pas de test unique permettant de confirmer de façon absolue le SJSR.
Ensuite, d'autres causes possibles sont recherchées. Il s'agit en particulier d'une carence en fer ou de troubles de la fonction rénale, qui peuvent provoquer des symptômes similaires. L'objectif est d'exclure d'autres maladies présentant des symptômes comparables.
Un test à la L-Dopa peut être utilisé en complément dans certains cas. Les personnes reçoivent alors le principe actif L-Dopa. Une amélioration des symptômes peut renforcer le soupçon d'un SJSR, mais ce n'est pas une preuve définitive. Une absence de réponse n'exclut pas non plus le SJSR.
Un examen en laboratoire du sommeil peut également être réalisé. Des mouvements périodiques des jambes pendant le sommeil peuvent être observés chez une partie des personnes concernées. Cette constatation n'est toutefois pas spécifique et n'est évaluée que dans le contexte global des symptômes.
En cas de symptômes marqués du SJSR, des médicaments peuvent être utilisés pour soulager les symptômes. Le traitement vise les symptômes et non la cause du SJSR. Il est prescrit principalement en cas de fort retentissement sur la qualité de vie.
Parmi les substances fréquemment utilisées figurent le gabapentine, les agonistes dopaminergiques et la lévodopa.
Le gabapentine est utilisé dans le cadre du SJSR et peut influencer les symptômes chez de nombreuses personnes. Les agonistes dopaminergiques comme la pramipexole, le ropinirole ou le rotigotine agissent sur le système dopaminergique et peuvent soulager les symptômes. Ils sont cependant associés à un risque d'« augmentation » (augmentation ou apparition plus précoce des symptômes au cours du temps).
La lévodopa est un précurseur de la dopamine et est le plus souvent associée au bensérazide. Elle peut soutenir temporairement l'effet de la dopamine dans le cerveau, mais est également liée à un risque accru d'augmentation.
Si ces substances ne sont pas suffisamment efficaces ou non tolérées, d'autres médicaments tels que le prégabaline ou les opioïdes peuvent être utilisés dans certains cas. Le choix de la thérapie adaptée est déterminé individuellement en fonction du tableau clinique.
Le syndrome des jambes sans repos (SJSR) peut affecter la vie quotidienne et en particulier le repos nocturne de manière notable. Il est essentiel d'identifier ses propres déclencheurs et de trouver des stratégies adaptées qui soutiennent au quotidien. Cela comprend à la fois un bilan médical et des mesures pratiques comme l'activité physique, la relaxation et un mode de vie conscient. Même si le SJSR n'est pas toujours entièrement évitable, de nombreuses personnes peuvent obtenir un soulagement significatif au quotidien et améliorer leur qualité de sommeil grâce à des ajustements ciblés.


